Maison Saint Augustin
Année de fondation

« Enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi » (Col 2, 7)

« Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien bâtie. » (Luc 6, 47-48)

« Une fondation spirituelle de la vocation »

La Maison Saint Augustin (MSA) est une année de fondation spirituelle du diocèse de Paris, année de discernement et de formation en vue du ministère de prêtre diocésain. Elle précède l’entrée au Séminaire. Depuis la fondation par le cardinal Lustiger en septembre 1984, près de cinq cents jeunes ont vécu cette année. Un bon nombre d’entre eux sont aujourd’hui prêtres à Paris ou dans d’autres diocèses.

La vocation naît dans l’Église…
La vocation grandit dans l’Église…
La vocation est soutenue par l’Église…
(Message du Pape François pour les vocations 2016)

Présentation de la Maison Saint-Augustin (MSA) par son supérieur, le père Gérard PELLETIER :

La MSA est une année de fondation spirituelle offrant tous les éléments possibles d’un discernement personnel pour répondre à la question de la vocation sacerdotale, autrement dit reconnaître un appel du Seigneur à devenir prêtre. Puisqu’il s’agit d’un don de sa vie dans un engagement complet de sa personne, dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, et d’une consécration particulière dans le célibat, cela vaut la peine de prendre d’abord une année pour y voir clair et s’engager librement en toute maturité et conscience. Une telle année est désormais demandée avant toute entrée dans un séminaire pour la suite de la formation sacerdotale.

Celui qui s’engage sur le chemin de la prêtrise sait que c’est une voie très belle mais que le contexte actuel la rend difficile et exigeante. L’année de la Maison Saint Augustin n’est pas encore une année d’études – même s’il y a des cours – ni de formation pastorale. Il s’agit d’abord d’apprendre à se laisser former par le Christ : toute vie de prêtre suppose une relation personnelle avec Lui. C’est ce “centre” qui se met en place tout au long de l’année passée ici. Elle n’est pas une année de stage ou de césure comme une autre.

Pour fonder notre vie sur le Christ, nous pouvons le rencontrer selon les modalités qu’il offre lui-même dans la grande tradition de l’Église :
-  le rencontrer dans son corps qu’est l’Écriture Sainte
-  dans son corps eucharistique
-  dans son corps qui est l’Église
• par une lecture régulière et complète de la Bible, selon un plan déterminé alternant Ancien et Nouveau testament (une heure et demie chaque matin)
• en recevant et en vivant de cette Parole de Dieu par la liturgie de l’Église, dans la Liturgie des Heures et la Messe quotidienne
• et à partir de là, entrer dans une pratique régulière de l’oraison. Pour mieux y parvenir, il y a trois retraites durant l’année pour apprendre encore et toujours à prier, à vivre dans un dialogue personnel avec Dieu. En particulier, une grande retraite selon les Exercices de saint Ignace de Loyola se déroule durant le temps pascal
• en vivant dans une communauté ecclésiale, la MSA, découvrant la charité fraternelle, une vie d’équipe, de services, de détente aussi… tout en élargissant son regard par la découverte du diocèse, le témoignage des prêtres invités, plusieurs visites de paroisses
• en rencontrant le Christ dans ceux qui souffrent : par des visites aux malades en aumônerie d’hôpital le jeudi après-midi, et par un mois de janvier passé dans d’autres communautés, comme les foyers de l’Arche de Jean Vanier.
Tout cela est vécu avec l’aide d’un accompagnateur spirituel, l’un des quatre prêtres entourant le supérieur et nommé à ce service par l’archevêque.

L’entrée à la MSA suppose d’avoir déjà effectué un premier discernement avec un prêtre et avec le service des vocations de son diocèse, qui y envoie. C’est un engagement à plein temps, avec un certain « retrait » du monde, aucune autre étude ou activité ne peut être poursuivie en parallèle. La maison accueille les jeunes du diocèse de Paris, mais aussi d’autres diocèses qui en font la demande, comme par exemple ceux de Meaux, des armées, de Fort-de-France... Ces dernières années, l’effectif annuel varie autour de la vingtaine « d’augustiniens », entre 18 et 40 ans.

Si l’objectif est de réfléchir à la vocation sacerdotale, il s’agit bien sûr d’un choix libre dans le souffle des appels de l’Esprit-Saint : chaque année, des jeunes découvrent que leur vocation est ailleurs, dans un ordre religieux par exemple, ou bien dans le mariage. Depuis sa fondation par le cardinal Jean-Marie Lustiger en septembre 1984, nous pouvons évaluer globalement qu’environ 70 % des jeunes sont devenus prêtres diocésains ou religieux.

« Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien bâtie. » (Luc 6, 47-48)

Les 5 axes principaux de la formation à la Maison Saint-Augustin

1. Le contact assidu avec la Parole de Dieu, écrite et transmise, notamment dans l’oraison et à travers la lecture intégrale de la Bible.

2. La prière personnelle accompagnée par la direction spirituelle : après Pâques, la retraite de trente jours des Exercices spirituels de saint Ignace est vécue dans différents centres spirituels jésuites.

3. La liturgie : la messe quotidienne, l’Office divin, la célébration des mystères du Christ au long d’une année liturgique. Les dimanches et les solennités sont célébrés en communauté à la Maison Saint-Augustin.

4. La présence auprès des personnes malades ou handicapées : chaque jeudi après-midi est consacré à la visite des malades dans le cadre d’une aumônerie d’hôpital. Au retour des vacances de Noël, chacun est envoyé pendant un mois partager la vie d’une communauté de l’Arche, ou bien auprès des personnes de la rue, ou encore des personnes en fin de vie.

5. La vie communautaire : un aspect essentiel de l’année qui permet d’éprouver dans la vie quotidienne avec des frères, la vérité du chemin spirituel.

Une journée type à la Maison Saint-Augustin

7h – Laudes puis petit déjeuner
8h – Temps personnel pour lire la Bible et prier
10h30 – Cours (chant, théologie, liturgie, Écriture Sainte, spiritualité, le sacerdoce)
12h – Messe
12h45 – Déjeuner
14h15 – Sport, ou service communautaire, ou visites à l’hôpital
17h – Temps personnel, ou adoration, chapelet…
19h – Vêpres
19h30 – Dîner
20h45 – Réunion de communauté le lundi, d’équipe le mardi, détente le samedi
Temps libre le mercredi soir et le dimanche après-midi.

Témoignages

Matthieu, en 2e année de Séminaire, Maison Saint-Louis (4e)

“Dans ce lieu, j’ai approfondi ma connaissance de la prière et développé une sorte de familiarité avec la Parole de Dieu. À côté de cela, j’ai aussi été marqué par la vie en communauté. C’est une expérience qu’on vit avec et face à ses frères. On se découvre dans la rencontre avec autrui. C’est d’ailleurs un aspect que j’ai aussi vécu lors des visites hebdomadaires à l’hôpital ou pendant mon experiment à L’Arche de Jean Vanier. Cela m’a aidé à comprendre très concrètement que le chemin sur lequel nous sommes appelés n’est pas seulement un itinéraire intellectuel.”

Ollivier, en 2e année de Séminaire, Maison Saint-Louis (4e)

“Avant d’y entrer, je faisais beaucoup de choses, je sortais beaucoup. Je crois que j’avais besoin d’une rupture, de consacrer du temps à Dieu de cette façon. Cela a été une année pour unifier ma vie autour du Christ. J’y ai réalisé que je pouvais passer d’une activité à l’autre mais toujours Le retrouver. Cela m’a vraiment permis de faire un choix libre : de dire un oui à la fois concret et réfléchi.”

Charles, en 2e année de Séminaire, Maison St-Denys du Saint-Sacrement (3e)

“Pour moi, cela a répondu à un désir que j’avais d’être accompagné pour parvenir à me poser les bonnes questions tout en m’apportant des éléments de réponse solides. J’ai vécu mon passage à la Maison Saint-Augustin comme un voyage intérieur. L’un des moments qui m’a marqué a été la retraite de trente jours que nous avons faite dans un centre spirituel jésuite. Cela a été une expérience exigeante mais aussi un lieu de vérité, pour mieux découvrir ce lien à Dieu que le péché ne peut rompre. Cela m’a apporté une meilleure connaissance de Jésus qui m’a aidé à mieux L’aimer et à mieux Le suivre.”

Louis-Marie, en 1ère année de Séminaire, Maison St-Séverin (5e)

“Pour moi, cela a été un moment de liberté, surtout après quelques années de vie active pendant lesquelles mon but était d’optimiser mon temps entre mon travail, ma vie sociale, mes loisirs… À la Maison Saint-Augustin, j’ai bénéficié de beaucoup de temps pour prier, lire la Bible, goûter la solitude. Cela a donc été une forme de rupture, mais une rupture épanouissante et féconde. Au cours de cette année, j’ai aussi découvert la vie en communauté et bénéficié d’un premier enseignement dans plusieurs disciplines, comme un petit avant-goût du Séminaire. J’ai réalisé que j’étais heureux dans cet environnement.”