Les étapes de la formation
Un parcours adapté à chacun

« Se laisser former par le Christ »

Cardinal Jean-Marie Lustiger :

« L’attitude fondamentale, en notre époque de changements rapides et incessants, c’est celle de se laisser former par le Christ, en ayant une humanité assez riche et utile pour le service des frères. Ensuite, c’est à l’évêque d’utiliser les qualités particulières pour le bien de tous. Devant la diversité considérable d’aptitudes potentielles, on constate qu’il n’y a pas un type de prêtres, mais une infinité de dons qui évoluent avec l’âge et avec le temps. »

La formation spirituelle des prêtres, Jean-Marie Lustiger, Cerf

Les étapes de la formation

Quatre grandes étapes émaillent la formation des séminaristes, comme autant de seuils vers le sacrement de l’ordre. Chacune se traduit par un choix libre et réfléchi et répond à un appel de l’archevêque, sur avis du Supérieur du Séminaire et de son conseil.

L’admission comme candidat au sacerdoce

Elle advient en général deux ans après l’entrée au Séminaire. Un temps utile pour discerner et confirmer l’intention droite, la disposition et les aptitudes à se former en vue du sacerdoce.

Les institutions au lectorat et à l’acolytat

Deux années supplémentaires mènent de l’admission aux institutions. Le lectorat autorise à lire la Parole de Dieu dans une célébration, l’acolytat à servir à l’autel. Même si, dans les faits, ces services liturgiques sont pratiqués avant cette étape, les institutions soulignent l’importance pour le futur prêtre de la Parole et de l’Autel.

L’ordination diaconale

Elle a en général lieu en cinquième année. Le diacre est un serviteur. Il sert la Parole de Dieu en proclamant l’Évangile et sert l’eucharistie en élevant le calice. Un double rôle qui le dispose au service de ses frères, notamment des plus pauvres. Ce sacrement d’ordination demeure : tout prêtre demeure diacre tout au long de sa vie.

L’ordination sacerdotale

Autour de son archevêque, le diocèse célèbre les ordinations sacerdotales chaque année, le dernier samedi du mois de juin. Une date qui ne doit rien au hasard : elle signifie, par sa proximité avec la fête des saints Pierre et Paul, que chaque prêtre ordonné participe au ministère apostolique pour rendre témoignage au Christ - Pour les nouveaux prêtres, bien plus qu’un aboutissement, un commencement.

Une formation adaptée à chacun

Les candidats qui arrivent au Séminaire ont des histoires profondément différentes, par leur âge, leurs études, leur famille, les lieux où ils ont vécus, leurs expériences professionnelles… L’histoire chrétienne de chacun est également marquée par des lieux et des mouvements très divers, le fait d’être baptisé enfant ou plus tard, l’expérience ou non de la prière, de l’accompagnement spirituel, de la vie d’une paroisse...

De plus, si tous ont le même désir, celui d’être prêtre diocésain à Paris, certains veulent poursuivre ce projet en s’appuyant sur leur appartenance à l’Institut Notre-Dame de Vie, à la Communauté de l’Emmanuel, à la Communauté Aïn Karem. D’autres séminaristes encore sont envoyés par le supérieur des Missions Étrangères de Paris ou par d’autres évêques pour étudier au Séminaire de Paris.

Pour toutes ces raisons, il est bon qu’à l’intérieur du cadre habituel, la formation puisse s’adapter à chacun. Quand on s’engage en vue de 40 ou 50 ans de ministère de prêtre, il est important de faire les choses avec soin, de mener sérieusement son discernement, de mûrir humainement, de préparer librement sa décision, de mieux percevoir ses points forts, ou les domaines qu’il faut davantage travailler.
C’est avec le père spirituel, rencontré très régulièrement que se joue une grande part de ce travail. Celui-ci aide le séminariste à grandir dans une intimité toujours forte avec le Seigneur, à se remettre tout entier, et avec réalisme, dans le service de Dieu et de l’Église, à se poser devant Dieu les bonnes questions.

La vie en communauté de taille réduite est exigeante. Mais elle permet d’accompagner chaque séminariste avec attention. Le père de maison et son adjoint veillent à ce que chacun prenne sa place, à ce que tous contribuent à l’édification d’une communauté fraternelle.

Pour les études à la Faculté Notre-Dame, le tuteur accompagne le séminariste pour organiser son travail, choisir ses lectures et le thème de ses devoirs. Le conseil de tutorat et les professeurs aident chaque étudiant à tirer le meilleur parti de ses capacités, et lui propose des objectifs adaptés à ses capacités : baccalauréat canonique de théologie, licence canonique...

Des semestres ou des années de stage peuvent s’intercaler dans les années de formation à Paris : temps d’études dans un autre lieu (Rome, Jérusalem, Madrid, Munich…), stage de travail, découverte et service d’une autre Église locale (dans un pays jeune par exemple), temps de service... C’est toujours en vue du sacerdoce que se décide un stage, pour que le séminariste poursuive sa formation avec plus de fécondité.

Témoignages

Guillaume, séminariste

“Le Séminaire m’a permis d’entrer dans l’intimité avec le Seigneur grâce à l’oraison quotidienne, à la prière des Heures, à la lecture de la Parole de Dieu : c’est un temps pendant lequel nous pouvons déployer la grâce de notre baptême. Ce temps nous pousse à approfondir la charité fraternelle, à aimer son frère tel qu’il est, dans sa force et dans sa faiblesse.”

P. Bernard Miclescu, vicaire à Notre-Dame de Lorette, ordonné prêtre en 2011.

“Quand on arrive au Séminaire, on a tous un bagage très différent : certains sortent du lycée, d’autres ont déjà des doctorats. Moi qui n’avais pas vraiment fait d’études, j’avais quelques craintes. Mais je dois dire que j’ai été très agréablement surpris : la formation est adaptée au niveau de chacun et chaque séminariste a un tuteur pour le guider et l’aider à se focaliser sur l’essentiel.
Pour moi, ces années d’études centrées sur l’Écriture sainte ont été une grande joie et l’occasion de nombreuses découvertes. Par exemple, j’ai été heureux de mieux comprendre les liens entre foi et raison et de mettre des mots sur ce que je vivais.”