Cardinal Jean-Marie Lustiger : « Pour porter l’Evangile… »

« Pour nous, la ville n’est pas seulement un lieu de vie. Elle est aussi un lieu d’évangélisation. Le lieu de vie, il faut l’aimer avec ce qu’il représente de perte de références, d’amoralité, d’oubli de Dieu et de violence de la communication.

Le lieu d’évangélisation, il faut le considérer positivement comme le lieu de la découverte possible de la liberté. Ce n’est pas encore la liberté spirituelle mais c’en est la condition nécessaire. Cette liberté nouvelle qu’apporte la ville peut être source de désorganisation intérieure, de perte humaine et spirituelle mais aussi d’accès à la liberté spirituelle si l’on rencontre un témoin de l’Évangile.

Pour porter l’Évangile, les prêtres doivent être armés spirituellement. Ils doivent vivre une discipline d’hommes de Dieu, ayant accepté une mission et capable de s’y entraider en pratiquant la charité surnaturelle, l’amour de l’Église, en vivant la foi et l’espérance comme des vertus sacerdotales. Ils doivent être aussi des chefs de communauté. Il existe une coresponsabilité baptismale par rapport au corps de l’Église. En tant que baptisé, le prêtre est coresponsable avec tous les fidèles. L’image directrice est celle de l’Apocalypse qui présente l’Agneau au milieu de son peuple. Pour participer à la mission du Pasteur, on doit participer à celle de l’Agneau, sinon on risque fort de ne pas rechercher l’intérêt des brebis. (…) Tout cela demande à de jeunes urbains d’une société riche et développée de reconnaître sous le regard du Christ comment vivre la radicalité de l’Évangile et comment acquérir la discipline personnelle qui est indispensable pour la chasteté du cœur et des sens face aux invitations multiples. »

Les prêtres que Dieu donne, Jean-Marie Lustiger, Desclée de Brouwer, mai 2000, pp. 169-170