En marche avec les Pères de Famille

12 octobre 2016

Trois questions à Kevin Anastase, séminariste en 5ème année de formation, qui a effectué le pèlerinage aux côtés des Pères de famille, en juillet dernier.

Qu’est-ce que le Pèlerinage des pères de famille ? « Initié en 1999, le Pèlerinage des pères de famille vers Vézelay n’a cessé de croître : de 5 au départ, ils sont maintenant plus de 1200. Ainsi, en marchant vers la Basilique Sainte Marie-Madeleine, chef-d’oeuvre architectural et haut lieu spirituel, les pères de famille confient à Dieu leur vie et leur famille.

Quel est l’enjeu de cette initiative ? Ce pèlerinage est un moment privilégié où les pères de famille viennent se ressourcer. C’est peut-être d’ailleurs, pour certains, le seul endroit de leur vie où ils peuvent souffler, pleurer, se détendre sans responsabilités particulières. Il s’agit, au fond, de lâcher prise sur sa vie quotidienne, de se mettre à l’écart, pour être plus libre d’entendre ce que Dieu a à me dire, de discerner ce qui se passe dans sa vie et de pouvoir partager avec d’autres son cheminement personnel.

Pèlerinage des Pères de Famille

Un des grands enjeux de ce pèlerinage est que, quel que soit le niveau d’engagement de foi, tout homme puisse se sentir accueilli et soutenu par et dans l’Église.

Quel est l’intérêt pour un séminariste d’y participer ? Il y a un triple intérêt à ce qu’un homme qui se prépare au sacerdoce participe à ce pèlerinage. Le premier est d’être confronté à la réalité des familles (joies et peines), aux questionnements que peuvent porter des pères sur leur couple, leurs enfants, la société contemporaine. Le deuxième intérêt est de mieux comprendre les aspirations de ces {} hommes. Un des pères m’a d’ailleurs dit à plusieurs reprises : « Ce sont tes futurs brebis » comme pour me dire : « ils t’exposent leur coeur pour qu’un jour, en tant que prêtre, tu les aides à cheminer ». Cela fait écho à la fameuse invitation du Pape François : que les prêtres soient « des pasteurs pénétrés de l’odeur de leurs brebis ». Enfin, le troisième intérêt est bien d’ apprendre à exercer une vraie paternité spirituelle. Le prêtre est lui-même appelé « père » et la manière dont un père prend soin de sa famille rejoint la manière dont le prêtre prend soin de sa communauté. Et inversement. Ainsi, le fait de prier, de marcher, de s’entretenir avec ces hommes, pères de famille, augmente dans le cœur du séminariste le désir de servir, non pas une humanité conceptuelle, mais les hommes réels de son temps.

« La manière dont un père prend soin de sa famille rejoint la manière dont le prêtre prend soin de sa communauté.  »