La maison Saint-Louis célèbre les 800 ans de saint Louis

Notre communauté de la maison Saint-Louis du séminaire a vécu un vendredi paradoxal lors de la seconde semaine de carême puisque le dépouillement du Christ célébré ce jour-là s’est déroulé dans le cadre grandiose de la cathédrale Notre-Dame et de la Sainte Chapelle. Nous avons marché sur les traces du saint roi pour faire mémoire de la Passion, marquant ainsi les premières célébrations du 800ème anniversaire de la naissance et du baptême de notre saint patron. C’est donc un moment unique que nous avons vécu, permis par la présence de notre maison au cœur de Paris.

« Crucem tuam adoramus Domine, resurrectionem tuam laudamus Domine »

C’est par le chant de ce cantique de Taizé que l’après-midi a débuté. Nous sommes partis en procession avec les moines et moniales des Fraternités de Jérusalem depuis leur église de Saint-Gervais pour un chemin de croix en plein cœur de Paris. Bannières et croix ouvraient la marche des pèlerins tandis que notre curé et père de maison, le père Olivier de Cagny, nous attendait dans l’église Saint-Louis-en-l’Ile où notre communauté réside. La procession s’est arrêtée dans l’église le temps de deux stations puis a repris sa montée vers la Golgotha en direction de Notre-Dame.

Quelle étrange contraction du temps ! Me voici alors chargé de la croix, remontant toute l’île Saint Louis puis traversant le pont jusqu’à Notre-Dame où je ne peux m’empêcher de penser au roi accueillant humblement les reliques de la Passion à cet endroit-même. Puis c’est l’entrée dans la cathédrale ; les pèlerins remplissent la nef où les attend le Sainte Couronne d’épines qui a été vénérée toute l’après-midi.

« Guéris-moi, Dieu très saint, car j’ai péché contre toi. »

Le répons des vêpres du vendredi résonne bientôt sous les voûtes. Les voix de la maîtrise accompagnent les vêpres solennelles présidées par Mgr Jérôme Beau. Le chœur est désormais rempli avec la présence de l’ensemble du chapitre de la cathédrale, des chevaliers du Saint-Sépulcre, en charge de la garde de la relique, et de la Maison Saint Augustin.

Une fois les vêpres achevées, le chemin de croix continue à l’extérieur, accompagnant la Sainte Couronne. Nous cheminons de la cathédrale au Palais de Justice où nous attend le cardinal Vingt-Trois pour les trois dernières stations. Nouveau moment intemporel. Nous nous agenouillons tous dans la cour et sur l’escalier d’honneur du Palais lorsque le cardinal nous donne de vénérer la relique. Puis la procession chemine jusqu’à la Sainte Chapelle, reliquaire historique, en plein cœur du Palais de Justice pour la messe du jour.

Le « symbole de l’abaissement et de l’annonce prophétique de la royauté du Christ »

Certains d’entre nous ont la chance de faire partie des invités à cette première messe publique à la Sainte Chapelle depuis au moins la Révolution française. Comme le soulignera Mgr Vingt-Trois dans son homélie, cette célébration peut sembler paradoxale. A l’instar de ce que représente la Couronne d’épines, nous faisons mémoire de l’offrande par Jésus de sa vie sur la croix dans un lieu qui reflète toute la splendeur de la royauté capétienne. La beauté de la nef et du propre grégorien de la Sainte Chapelle nous renvoient au temps de celui qui est devenu un modèle de laïc chrétien, uni à nous par la célébration de l’eucharistie et la communion des saints.

Je rends grâce à Dieu pour ce vendredi de Carême qui m’a amené à me rapprocher physiquement du Christ par l’intercession de saint Louis. Les dons qu’il nous a légués, reliques ou chapelle, sont autant de moyens pour notre pauvre humanité de rentrer davantage en communion avec celui qui a souffert pour nous. Qu’il nous accompagne dans notre chemin vers le sacerdoce comme modèle de fidélité et de piété !

Pierre Henri DEBRAY
En 2ème année à la Maison Saint-Louis