« Une fondation spirituelle de la vocation »

La Maison Saint Augustin (MSA) est une année de fondation spirituelle du diocèse de Paris, année de discernement et de formation en vue du ministère de prêtre diocésain. Elle précède l’entrée au Séminaire. Depuis la fondation par le cardinal Lustiger en septembre 1984, près de cinq cents jeunes ont vécu cette année. Un bon nombre d’entre eux sont aujourd’hui prêtres à Paris ou dans d’autres diocèses.

La vocation naît dans l’Église…
La vocation grandit dans l’Église…
La vocation est soutenue par l’Église…
(Message du Pape François pour les vocations 2016)

Présentation de la Maison Saint-Augustin (MSA) par son supérieur, le père Gérard PELLETIER :

La MSA est une année de fondation spirituelle offrant tous les éléments possibles d’un discernement personnel pour répondre à la question de la vocation sacerdotale, autrement dit reconnaître un appel du Seigneur à devenir prêtre. Puisqu’il s’agit d’un don de sa vie dans un engagement complet de sa personne, dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, et d’une consécration particulière dans le célibat, cela vaut la peine de prendre d’abord une année pour y voir clair et s’engager librement en toute maturité et conscience. Une telle année est désormais demandée avant toute entrée dans un séminaire pour la suite de la formation sacerdotale.

Celui qui s’engage sur le chemin de la prêtrise sait que c’est une voie très belle mais que le contexte actuel la rend difficile et exigeante. L’année de la Maison Saint Augustin n’est pas encore une année d’études – même s’il y a des cours – ni de formation pastorale. Il s’agit d’abord d’apprendre à se laisser former par le Christ : toute vie de prêtre suppose une relation personnelle avec Lui. C’est ce “centre” qui se met en place tout au long de l’année passée ici. Elle n’est pas une année de stage ou de césure comme une autre.

Pour fonder notre vie sur le Christ, nous pouvons le rencontrer selon les modalités qu’il offre lui-même dans la grande tradition de l’Église :
-  le rencontrer dans son corps qu’est l’Écriture Sainte
-  dans son corps eucharistique
-  dans son corps qui est l’Église
• par une lecture régulière et complète de la Bible, selon un plan déterminé alternant Ancien et Nouveau testament (une heure et demie chaque matin)
• en recevant et en vivant de cette Parole de Dieu par la liturgie de l’Église, dans la Liturgie des Heures et la Messe quotidienne
• et à partir de là, entrer dans une pratique régulière de l’oraison. Pour mieux y parvenir, il y a trois retraites durant l’année pour apprendre encore et toujours à prier, à vivre dans un dialogue personnel avec Dieu. En particulier, une grande retraite selon les Exercices de saint Ignace de Loyola se déroule durant le temps pascal
• en vivant dans une communauté ecclésiale, la MSA, découvrant la charité fraternelle, une vie d’équipe, de services, de détente aussi… tout en élargissant son regard par la découverte du diocèse, le témoignage des prêtres invités, plusieurs visites de paroisses
• en rencontrant le Christ dans ceux qui souffrent : par des visites aux malades en aumônerie d’hôpital le jeudi après-midi, et par un mois de janvier passé dans d’autres communautés, comme les foyers de l’Arche de Jean Vanier.
Tout cela est vécu avec l’aide d’un accompagnateur spirituel, l’un des quatre prêtres entourant le supérieur et nommé à ce service par l’archevêque.

L’entrée à la MSA suppose d’avoir déjà effectué un premier discernement avec un prêtre et avec le service des vocations de son diocèse, qui y envoie. C’est un engagement à plein temps, avec un certain « retrait » du monde, aucune autre étude ou activité ne peut être poursuivie en parallèle. La maison accueille les jeunes du diocèse de Paris, mais aussi d’autres diocèses qui en font la demande, comme par exemple ceux de Meaux, des armées, de Fort-de-France... Ces dernières années, l’effectif annuel varie autour de la vingtaine « d’augustiniens », entre 18 et 40 ans.

Si l’objectif est de réfléchir à la vocation sacerdotale, il s’agit bien sûr d’un choix libre dans le souffle des appels de l’Esprit-Saint : chaque année, des jeunes découvrent que leur vocation est ailleurs, dans un ordre religieux par exemple, ou bien dans le mariage. Depuis sa fondation par le cardinal Jean-Marie Lustiger en septembre 1984, nous pouvons évaluer globalement qu’environ 70 % des jeunes sont devenus prêtres diocésains ou religieux.

« Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien bâtie. » (Luc 6, 47-48)